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Solitaire du Figaro : la Fédération française de voile conteste le passage aux Ocean Fifty

La Fédération française de voile « regrette » la décision des organisateurs de remplacer le Figaro Bénéteau III par des Ocean Fifty à compter de 2028, rapporte ScanVoile.

Solitaire du Figaro : la Fédération française de voile conteste le passage aux Ocean Fifty

Le virage tactique de la Solitaire

Un signal rare: la fédération tutélaire prend position contre le choix de support de sa propre épreuve phare. Pour la voile française, l'équation change de variables.

La rupture de la monotypie

Le pivot est net. Depuis des décennies, La Solitaire reposait sur un postulat simple: un seul bateau, une seule polaire, zéro écart matériel entre les 30 solitaires au départ. Le coefficient d'égalité technique approchait 100 %. Avec les Ocean Fifty — multicoques de 15 mètres conçus pour le grand large et le sprint océanique — cette base saute. Les polaires de vitesse s'envolent: les 50 pieds atteignent des VMG deux à trois fois supérieurs au monotype en conditions de reaching modéré, entre 15 et 25 nœuds de vent réel. La course ne se joue plus à 0,2 nœud près sur un même plan de voilure, mais à l'optimisation d'un plate-forme capable de 30 à 40 nœuds de vitesse au portant.

Les organisateurs, cités par La Roche-sur-Yon Maville, justifient le basculement par la nécessité de « redonner un nouvel élan », de « séduire davantage le public, les partenaires et les sponsors » et d'« assurer la pérennité » de l'épreuve. Objectif affiché: visibilité. En creux: coût d'exploitation d'une flotte monotype devenue trop lourde à amortir.

Le risque sur la filière

C'est précisément là que la FFVoile pose ses coordonnées. Pour la fédération, La Solitaire n'est pas un produit marketing: c'est un pipeline. Le Figaro Bénéteau III reste l'école de la course au large — des milliers de milles en solitaire, un budget contenu, une formation progressive à la météo, aux routages, aux manœuvres en équipage réduit. ScanVoile rappelle la position fédérale: « préserver sa filière d excellence ». Le passage aux Ocean Fifty filtre l'entrée. Préparation physique, moyens financiers, équipe technique: trois variables que le monotype absorbait dans un écart type minimal. Le multicoque les creuse.

Dans le même temps, Eliès, cité par le même titre local, résume l'émotion d'une partie de la classe Figaro: « Tellement fou de piétiner 50 ans d'histoire ». Bateaux.com titre, sans détour: « La solitaire du Figaro est morte, vive la solitaire! » Le vocabulaire est celui d'une rupture de série historique.

Ce qu'il faut projeter à 48 mois

Le prochain point de bascule se situe à l'horizon 2028. D'ici là, trois indicateurs à suivre: la composition du premier plateau Ocean Fifty inscrit (nombre de skippers ex-Figaro vs. nouveaux entrants), la grille tarifaire d'engagement, et la position formelle de la FFVoile — soutien de façade ou opposition argumentée dans les instances de la Classe. Le front météo reste stable: la Solitaire change de coque, pas de calendrier. Reste à savoir si le vent de l'histoire souffle encore dans les mêmes polaires.