
Selon Course au Large, dix-neuf équipages représentant quinze nations sur cinq continents sont officiellement engagés aux Championnats du monde de voile en double hauturière 2026, qui se tiendront à Marseille du 23 septembre au 2 octobre. La course se disputera sur une flotte homogène de Sun Fast 30 One Design, un monotype pensé pour que le classement reflète la science du bord, pas le budget du chantier. Pour le régatier, c'est le terrain de jeu idéal: tout se joue au pataras, au chariot de grand-voile et au bord d'attaque du spi.
Un plateau taillé pour la course au large moderne
Le plateau aligne ce que le circuit compte de mieux. Côté France, pays hôte, Thomas Andrew remet son titre en jeu avec une nouvelle partenaire, Julia Colombe. Christopher Pratt, fort de son expérience Figaro et Ocean Race, associe son savoir-faire à Maïlys Radulic — un duo à surveiller de près sur les phases de transition.
L'Uruguay débarque avec un binôme qui a du coffre: Federico Waksman, vainqueur de la Mini Transat 2023, et Dominique Knüppel, olympien à Tokyo en Nacra 17 et vétéran de l'Ocean Race Europe. Leur troisième place l'an dernier leur a donné la confiance; cette saison, ils visent plus haut. La Belgique aligne Jonas Gerckens et Djemila Tassin, frais de leur deuxième place au Globe 40 et déjà tournés vers la Route du Rhum en Class40 — deux marins qui connaissent la performance en double.
La Suède, elle, revient avec Anna Drougge (Ocean Race 2001-2002) et Martin Angsell, de l'expérience à revendre sur ce type de parcours. Cinq continents, quinze nations, un seul bateau: le niveau est homogène, et c'est précisément ce qui rend le championnat aussi serré.
Ce qu'il faut surveiller sur l'eau
En Méditerranée fin septembre, le vent sera le juge de paix. Brise thermique instable, risées à exploiter au près, molles à anticiper sous spi — la régate tactique primera sur la pure puissance. Sur Sun Fast 30, les détails qui font la différence: un vrillage de génois bien calé, un chariot réglé au millimètre pour relancer dans chaque risée, un spi asymétrique envoyé propre dans les transitions.
Côté organisation, c'est le Cercle Nautique et Touristique du Lacydon (CNTL) qui accueille, en collaboration avec le RORC, Cap Regatta et le Yacht Club de France, avec le soutien de la Fédération Française de Voile. Christophe Gaumont, directeur de course, promet des parcours disputés; Matt Allen, président du Comité océanique et hauturier de World Sailing, salue un plateau qui « témoigne du niveau de compétition élevé atteint par la course au large en double ».
La check-list pour suivre la course intelligemment
Trois réflexes à garder avant le coup d'envoi du 23 septembre:
- Repère les duos mixtes en transition. Sur ce type de bateau, les manœuvres sous spi révèlent la complicité de l'équipage. Un envoi propre vaut souvent un bord d'avance.
- Note les routages en tête au près. Les premiers bords dans la brise méditerranéenne dictent souvent la course. Qui prend l'ascendant au premier près?
- Compare les trajectoires sous spi. Le Sun Fast 30 pardonne peu les trajectoires hésitantes. Les écarts se creusent vite sur les longs bords de portant.
Rendez-vous à Marseille dès le 23 septembre pour voir qui transformera le moindre dixième de nœud en titre mondial.