
Aotearoa Ocean Racing: A class of its own in the Ocean Race Atlantic
D'après Boating New Zealand, l'Ocean Race Atlantic s'est jouée sur deux lignes de part et d'autre du même waypoint Lorient: cinq IMOCA à foils se disputaient la victoire, tandis qu'à plusieurs centaines de milles dans leur sillage, MSIG Europe — un plan Patterson vieux de vingt ans, dépourvu de tout appendice sustentateur — transformait chaque mille parcouru en donnée brute pour la nouvelle génération kiwi. Skippé par Conrad Colman, le bateau néo-zélandais a coupé la ligne le 12 septembre à 21h57, à plus d'un jour et demi de la flotte des foilers, sur sa seule propulsion. La victoire au scratch est revenue à Paul Meilhat et son équipage sur United by the Ocean, selon Sail-World.com.
La fracture technique
Le différentiel s'est inscrit dans la jauge avant même le départ: IMOCA récentes équipées de foils contre une coque dessinée avant la généralisation du vol. Le gap de milles s'est installé dès les premières 24 heures, mais Colman en a fait un paramètre de référence plutôt qu'un aveu d'infériorité. Sa ligne de conduite, devenue motto d'équipage — « You want to beat people when they're at their best, not when they're broken down » — fixait la méthode: ne comparer la performance qu'à celle d'adversaires à 100 % de leur potentiel.
Les Super Sprints quotidiens ont servi de banc d'essai. MSIG Europe y a figuré plus d'une fois, grimpant jusqu'à la deuxième place sur le bon jour, dans la bonne brise. Le signal technique était clair: le support n'était pas hors course — seulement hors catégorie. Selon le reportage, le bateau se serait approché des 500 milles nautiques en 24 heures dans la fenêtre météo idoine. Sans foils, jamais.
Pression atmosphérique et pannes
Le coefficient de risque s'est matérialisé tôt. Jour 3: ligne d'enroulement sectionnée, réparation manuelle de deux heures et demie dans le noir, à l'avant du bateau. Quelques jours plus tard, le rail de grand-voile cédait à son tour, arraché net. Deux points de rupture qui auraient été absorbés à terre, ingérables au large.
La fin de parcours s'est jouée contre un anticyclone qui se refermait sur la route — qualifié d'un laconique « Winter is coming » à bord. Anna Merchant, ancienne NZ Sailor of the Year, a posé le diagnostic sans détour: à ce stade, ils ne couraient plus contre la flotte, seulement contre les milles restants. Résultat: une arrivée en solo relatif, un jour et demi derrière les foilers, sous leur propre gréement.
La jauge humaine
L'objectif déclaré n'a jamais été le classement scratch. Colman l'a formulé à l'arrivée: la participation à l'Ocean Race Atlantic servait de bac à sable IMOCA grandeur nature, destiné à injecter des milles réels dans le capital technique d'un équipage néo-zélandais en vue du tour du monde Ocean Race à venir. À bord, Anna Merchant et Megan Thomson — toutes deux anciennes NZ Sailor of the Year, passées ensemble par l'équipe de match-racing Racing 2.0 — assuraient la rotation. Elie Pirnay, rappel tardif après le forfait sur blessure d'Aaron Hume-Merry avant le départ, complétait le dispositif de pont. Georgia Schofield tenait le rôle d'onboard reporter.
Prochaine mesure à 24-48 mois: la pleine boucle Ocean Race, où le différentiel de milles accumulés vaudra coefficient de départ, bien plus qu'un résultat d'étape.