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Vers un gel des nouvelles constructions en classe IMOCA pour le Vendée Globe 2028

lèves ce matin, tu ouvres les brèves, et tu tombes sur un sujet qui fait grincer des dents dans tous les chantiers bretons: d'après Mer et Marine, la classe IMOCA planche sur un gel des constructions neuves avant le Vendée Globe 2028.

Vers un gel des nouvelles constructions en classe IMOCA pour le Vendée Globe 2028

L'une des pistes étudiées vise purement et simplement à ne plus délivrer de certificat de jauge pour de nouveaux prototypes. La décision n'est pas tranchée, mais elle agite déjà les bureaux d'études, les stratistes et les directions de course.

Le compte à rebours est lancé

À l'arrivée du dernier Vendée Globe, on recensait une trentaine d'IMOCA sur le marché de l'occasion et des sponsors qui plient bagage. Pour 2028, Alain Leboeuf, patron de l'épreuve, l'a répété comme un mantra: quarante bateaux au départ, pas un de plus. Sauf que la jauge pourrait en aligner cinquante-six éligibles, soit seize de trop. La commission chargée du dossier explore trois pistes: pousser les vieux bateaux à dérives droites vers la sortie, bloquer toute nouvelle construction après 2028, ou combiner les deux pour viser un parc resserré à quarante-cinq unités. Dans tous les cas, la modification des coques existantes resterait autorisée à hauteur de cinquante pour cent. Jérémie Beyou l'a déjà prouvé cet hiver en découpant son Charal en deux pour repartir sur une carène entièrement neuve.

Le mouvement n'est pas neuf dans le petit monde de la course au large. La classe Mini a cadré les choses en 2024 avec vingt-cinq bateaux de Série maximum et une décroissance de vingt pour cent par an jusqu'en 2027, histoire de pousser vers les biomatériaux et la recyclabilité. L'Ocean Fifty a, elle, imposé un numerus clausus à onze trimarans depuis 2016; quota atteint, plus aucune coque neuve de cinquante pieds ne sortira du moule. Et même la Coupe de l'America a fait sa révolution: les AC75 de Barcelone 2024 serviront à Naples en 2027, avec un plafond budgétaire à soixante-quinze millions d'euros et une cadence biennale.

L'alerte des chantiers bretons

C'est du côté de Vannes que l'inquiétude est la plus palpable. Yann Penfornis, patron de Multiplast, résume la situation sans détour: « C'est une fausse bonne idée. On est en train de couper la branche sur laquelle on est assis. » Celui qui travaille dans la course au large depuis 1985 chiffre l'impact potentiel: une perte de cinquante pour cent de chiffre d'affaires sur deux ans si la classe venait à valider le gel des constructions neuves. Pour lui, ce pourcentage concerne tout l'écosystème, des bureaux d'études aux voileries en passant par les équipementiers.

Pour nous, régatiers, la traduction sera très concrète sur les pontons. Si le gel est validé, la valeur des IMOCA d'occasion remonte mécaniquement, les budgets de refit explosent, et les anciens bateaux redeviennent compétitifs à condition d'investir dans la carène et les appendices. Si la voie du tri par le bas l'emporte, on verra des coques de la fin des années 2000 encore en lice sur le prochain tour du monde. Dans les deux cas, les chantiers de refit et les préparateurs vont prendre le pouvoir sur les bureaux d'études.

Trois points à garder en tête avant le prochain Vendée Globe: scruter la décision finale de la commission IMOCA, suivre la cote des anciens 60 pieds sur le marché de l'occasion, et garder un œil sur les déclarations d'Alain Leboeuf. Le prochain tour du monde se prépare déjà dans les bureaux d'études et sur les parkings à remorques.