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Vendée Globe 2028 : les coulisses de la construction du nouvel IMOCA de Benjamin Dutreux

Quarante mille heures de conception et de fabrication: c'est le seuil que Benjamin Dutreux et ses équipes annoncent avant même la mise à l'eau de son nouvel IMOCA.

Vendée Globe 2028 : les coulisses de la construction du nouvel IMOCA de Benjamin Dutreux

Comme le détaille Bateaux.com dans une série YouTube consacrée à la construction, le skipper engage une refonte complète de sa monture pour le Vendée Globe 2028, avec un objectif affiché: quitter la dixième place obtenue en 2024 et intégrer le groupe de tête dès la prochaine édition.

Une équation globale, du moule à l'ergonomie du cockpit

Le nouvel IMOCA est construit autour d'un cahier des charges entièrement tourné vers la performance brute. Coque, pont, cockpit, safrans, foils, rouf, hydraulique, électronique — chaque organe entre dans une équation d'optimisation qui ne souffre plus aucune approximation. La première salve d'images tournée chez Multiplast illustre la fabrication des moules et de la structure interne du bateau. La série montre surtout que la performance ne se joue plus uniquement sur les qualités marines: ergonomie du cockpit, position du skipper, siège de veille, disposition des commandes deviennent des variables à part entière. Le dessin est signé Antoine Koch, déjà architecte de plusieurs IMOCA engagés sur le dernier Vendée Globe. Une fois les pièces stratifiées, il n'est plus possible de revenir en arrière: chaque phase validée verrouille la suivante, d'où l'ampleur du calendrier — plusieurs années séparent le lancement du projet des premiers essais en mer.

Mutualisation industrielle et culture du secret

Le bateau de Dutreux se développe en parallèle de celui du Team Paprec, avec une mutualisation partielle des moyens industriels, notamment lors de la fabrication des moules. Cette organisation permet de partager certaines étapes de construction tout en conservant des développements propres à chaque équipe — un schéma devenu courant dans la classe IMOCA pour amortir le coût d'un prototype de dernière génération. Les échanges entre bureaux d'études contribuent aussi à valider — ou, au contraire, à infléchir — certaines orientations techniques lorsque la prudence l'impose. Une grande partie du travail reste volontairement invisible: certaines zones de production ne peuvent pas être filmées afin de préserver les choix techniques et les solutions développées par les architectes. La discrétion s'est imposée comme une règle dans l'univers des IMOCA: les innovations restent confidentielles jusqu'à la mise à l'eau pour limiter les transferts d'idées entre concurrents.

Les variables à surveiller d'ici la mise à l'eau

Les prochains épisodes de la série promettent d'éclairer les arbitrages restants, en particulier sur les appendices — foils et safrans — et sur l'architecture du cockpit. La mise à l'eau, puis les premières sessions d'entraînement en mer, fourniront les premiers indicateurs exploitables: polaires de vitesse, comportement dans la brise, angles de portant, stabilité au près. C'est à ce stade — et seulement à ce stade — que l'on pourra mesurer si le saut de performance annoncé permet réellement à Dutreux de basculer du milieu de tableau vers la tête de flotte.