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Dénouement intense pour la Herreshoff Classic Yacht Regatta 2026 à Newport

Le comité de course de la Herreshoff Classic Yacht Regatta 2026 a rendu son verdict ce week-end dans le Rhode Island, d'après le compte rendu officiel publié par la Classic Yacht Owners Association.

Dénouement intense pour la Herreshoff Classic Yacht Regatta 2026 à Newport

Sur les eaux qui séparent Newport de Bristol, seize voiliers classiques ont croisé le fer pendant deux jours, dans des conditions qui ont placé la qualité d'exécution au-dessus de la puissance brute. Pour la communauté des amateurs de jauge ancienne, l'édition restera comme un rappel salutaire sur ce qui départage un podium du milieu de tableau.

Un week-end en deux actes

La traditionnelle Newport-to-Bristol feeder race a failli démarrer en queue de bémol vendredi: la zone de départ habituelle était squattée par les 55 Snipes en plein North American Championship. Le comité a dû déplacer la bouée au nord de Gould Island, raccourcissant le parcours. Avec un vent de sud plutôt mou, c'était spi du début à la fin — downwind pur, taillé pour les S Class et leur gréement léger. Geoff Davis, à la barre de son AQUILA — unité qu'il possède depuis soixante ans — a rappelé qu'à ce niveau l'expérience se paie cash: en solitaire complet, il a envoyé, empanné et affalé son spi dans les règles de l'art pour s'imposer en temps corrigé. Scott Walker et Dennis Ferreira sur SURPRISE complètent à la deuxième place, Peter McClennen et son GAMECOCK ferment le podium. Carton plein pour les unités Herreshoff de Bristol. À noter aussi l'embardée plus exhibition entre le Fife VIOLA de Kostia Belkin et le NY-30 AMORITA, avec Bill Doyle et Jed Pearsall tirés de leur retraite pour l'occasion — l'AMORITA coupant la ligne au mât du HMM en première position.

Samedi, la brise de nord fraîchissait mais sans chance de tenir sous le soleil. La PRO Diana Emmanuelli a retenu la flotte à terre le temps d'un petit-déjeuner sous le chapiteau, attendant la bascule prévue. AP abaissée à 13h30, la flotte est sortie et a patienté — beaucoup de dérive, quelques bords au près dans un vent qui flanchait, puis l'eau sombre est enfin apparue dans l'East Passage. La course n'a pu être lancée qu'à 16h20. Le dîner attendrait — sur l'eau d'abord, et la patience de chacun a payé.

Les vainqueurs par division

En Vintage Division, GAMECOCK (Peter McClennen) s'impose devant DORADE (Matt Brooks) et NOR'EASTER (Shelia et Ted Graves) — podium 100% unités d'époque. La Classic Division revient à MARINER (Steve Antaya), suivi des yawls Concordia SKYE (Steve Lindo) et KATRINA (Barb Kranichfeld) — la polyvalence du gréement bermudien fait toujours son effet en temps corrigé. En Modern Classic, le catboat Gil Smith WHIRLWIND II de Yarrow Thorne coupe en tête devant WOODWINDS (Joe Schwartz, Alerion Express) et LIVELY LADY — Will Hubbard y embarquant ses enfants Weatherly et William, une belle transmission de génération. Paul Koch et son Camden Class Knockabout PONYO dominent la Spirit of Tradition Division, devant YONDER (Doug Newhouse, Spirit Yacht) et WINSOME (Gardner Howe, Morris 36). Enfin, le Botin-designed JAX d'Øivind Lorentzen, seul en Contemporary Division, affiche tout de même le deuxième meilleur temps corrigé toutes divisions SOT confondues — preuve que le niveau d'exécution du team vaut bien des adversaires.

Ce qu'on emporte sur l'eau

Deux manches validées seulement sur le week-end, mais le message est limpide pour nous, pratiquants de la jauge ancienne: sur ces gréements à corne, la qualité de la manoeuvre au spi tranche. Savoir affaler en solitaire, empanner proprement sans prise de ris dans la brise, doser la tension de bordure dans le vent faible, régler le chariot de grand-voile au bon moment — voilà ce qui nous sépare du milieu de tableau. Les Herreshoff trustent le haut de la feeder, mais le fait qu'un catboat Gil Smith des années 50 vienne s'imposer en Modern Classic nous rappelle une évidence souvent oubliée: en classique, la lecture du plan d'eau et le placement sur les bascules comptent autant que la surface de voile. Pour nous qui programmons la saison, retenons aussi le format — deux jours, un chapiteau, un seul PRO, des divisions bien distinctes. Avant de se lancer dans une prochaine régate de la sorte, gardons un œil sur la publication officielle du CYOA pour les temps corrigés complets et le détail des classes engagées.