
Au programme: 3 200 milles de course au large, une arrivée à Lorient une dizaine de jours plus tard, et une règle qui rebat les cartes du pilotage habituel — deux femmes et deux hommes minimum à bord.
Un plateau taillé pour la performance
Selon MaVille.com, Francesca Clapcich défendra les couleurs de 11th Hour Racing, tandis que Boris Herrmann alignera son tout nouveau Malizia 4, mis à l'eau il y a seulement deux mois d'après Course au Large. Le bateau allemand dispute là sa première course — un baptême du feu grandeur nature pour jauger un programme encore jeune, avec ses dérives, son plan de voilure et ses automatismes pas encore rôdés. Deux IMOCA flambant neufs seront en lice au total, ce qui promet des duels techniques dès les premiers bords de près dans le Gulf Stream. Pour un œil affûté, c'est l'occasion rêvée de comparer les choix d'architecture, le vrillage de grand-voile, le comportement à la mer formée et la fiabilité des systèmes entre les nouveaux venus et les coques déjà éprouvées sur de longues transats.
La mixité comme contrainte de réglage
La règle est sans ambiguïté: deux femmes, deux hommes minimum à bord, pas de marge. Comme le rapporte voilesetvoiliers.ouest-france.fr, cette mixité obligatoire redessine la répartition des postes en cockpits habituellement calibrés pour la performance brute. Pataras, winches, barre, réglages de chariot — chaque emplacement se pense désormais en double commande, en tenant compte de la morphologie et des préférences de réglage de chacun. Pour les skippers habitués à optimiser leur équipage au gramme près près de la table à cartes, c'est une variable supplémentaire à intégrer avant le coup de canon. Les répétitions de manœuvres et la coordination sous spi vont compter autant que la vitesse pure.
Ce qu'il faudra surveiller sur l'eau
Trois angles à garder en tête quand tu suivras la course depuis le ponton ou l'écran de ta table à cartes: la prise en main du nouveau Malizia 4 sur ses premiers milles en compétition — réglages de pataras, choix de voile, gestion du près dans le Gulf Stream, où chaque degré compte pour virer en tête au cap Lizard; la fluidité des manœuvres sous spi, où la mixité demandera une synchronisation millimétrée entre équipiers qui n'ont pas forcément l'habitude de bosser ensemble; et le comportement général des deux IMOCA neufs face aux routages, là où le moindre écart de cap peut coûter plusieurs milles dans un match-race à six. Dix jours de traversée, un plateau resserré, une règle qui rebat les cartes du pilotage en équipage — de quoi scruter chaque rapport de position avec attention.