
Dix-neuf ans après la Coupe de l'America, Valence accueille enfin le SailGP. Comme le rapporte YACHT, les treize équipages du circuit – dont les locaux Los Gallos de Diego Botin face aux leaders australiens Bonds Flying Roos – découvrent ce week-end un plan d'eau méditerranéen taillé pour le petit temps. F50 à la frontière du vol, nouvelle règle sur le grind, digue à gérer côté tactique: la liste des optimisations est ouverte.
Le médium qui redistribue les cartes
Adieu les brises soutenues de Sassnitz, Portsmouth ou New York. Selon Sailweb, Valence propose une mer beaucoup plus tactique, avec une brise marine légère samedi et modérée dimanche. Conséquence directe: les F50 navigueront à la frontière entre le vol et le déplacement, trois tonnes à piloter dès que les coches touchent l'eau. Comme l'a résumé le coach allemand Lennart Briesenick, c'est presque comme barrer un grand monocoque: garder l'erre dans les transitions, éviter de caler dans les virements, conserver de la finesse à chaque changement d'amure. Bedford, cité par Sailweb, enfonce le clou: sans système météo actif ni mer fraîche, c'est l'adaptabilité qui primera sur la pure vitesse.
À cela s'ajoute un piège local sous-estimé: la longue digue du port, qui borde le tracé entre la plage et le large. Toujours selon Sailweb, la réflexion des vagues sur ce mur peut générer une mer croisée et désordonnée juste sous le vent de la digue. Un F50 qui décolle dans cette zone perd instantanément le contrôle; choisir le bon côté du plan d'eau dès le départ devient donc un vrai levier de performance.
La règle qui change l'équipage
Une nouvelle règle SailGP redistribue les rôles à bord: le stratège n'a plus le droit de grinder. La mesure découle notamment du triple carambolage de New York, où des regards occupés à la winch n'avaient pas vu le danger. En configuration 4 POB sous petit temps, les trois marins restants absorbent davantage de tâches. L'Allemagne teste la formule avec Anna ou Victoria à l'arrière; le flight controller James Wierzbowski remonte parfois à l'avant, et le stratège peut aider au trim du foc. Briesenick reconnaît qu'on ajuste encore, mais l'objectif est limpide: libérer les yeux pour la surveillance de la ligne de départ.
Ce qu'on suit ce week-end
Pour Los Gallos, c'est une course à domicile: Diego Botin à la barre, Flo Trittel au wing, Nicole van der Velden à la stratégie, devant un public attendu nombreux dans une marina qui porte encore les traces de la Cup 2007. Australie, Espagne, Allemagne, Brésil: treize nations, treize choix de réglage à comparer.
Trois réflexes à garder en tête pendant les courses:
- Placement pré-départ: la digue crée une zone morte côté sous-le-vent, le côté plage offrira une mer plus propre au largue.
- Transition vol/déplacement: sous huit nœuds, c'est elle qui la vitesse de pointe au premier bord.
- Rotation des postes: l'équipe qui sortira le stratège de la winch le plus vite gagnera les départs serrés.
Après Valence, Genève les 19-20 septembre, puis Dubaï et Abu Dhabi en novembre. Mais la vraie question reste la même: qui transformera cette contrainte de petit air en arme tactique avant tout le monde.