
Deux jours, six courses annoncées, et une contrainte immédiatement lisible pour les cellules de performance: la vitesse seule ne suffira plus. Il faudra sortir du trafic sans compromettre l’intégrité du bateau avant l’ouverture de la Coupe Louis Vuitton.
Le calendrier publié par le directeur de régate Iain Murray fait de ce week-end des 22 et 23 mai une séquence à part. Les AC75 ont été conçus pour le duel, la lecture de laylines et le contrôle direct de l’adversaire. En flotte, le calcul change: air perturbé, croisements, pénalités potentielles, espace réduit pour accélérer et surtout marge mécanique plus faible. Le premier gain ne sera pas nécessairement un nœud supplémentaire; ce pourra être un risque évité.
Six courses pour calibrer le rapport risque-vitesse
Ces régates inaugurales ne compteront pas dans le classement final des challengers, mais leur intérêt tactique est considérable. Le Defender Emirates Team New Zealand y sera présent, puis participera aux phases de round robin sans que ses résultats ne pèsent dans le classement des challengers.
C’est un format qui expose très tôt les choix de préparation. En match-race, une manœuvre limite peut se justifier si elle verrouille l’adversaire. En flotte, la même manœuvre peut coûter plusieurs positions, voire la disponibilité du bateau pour la course suivante. Course au Large résume la donnée opérationnelle: il faudra éviter de casser.
Pour les équipes, ce premier week-end servira donc de validation grandeur nature. Non pas seulement des polaires de vitesse et des modes de vol, mais de la capacité à faire évoluer un AC75 au contact, dans des phases où chaque changement de trajectoire augmente la charge sur l’équipage et les appendices. La hiérarchie visible le 23 mai ne sera pas celle de juillet. En revanche, les procédures de départ, la gestion des zones encombrées et la fiabilité des manœuvres laisseront des traces.
La Coupe Louis Vuitton entre immédiatement dans le rythme
Dès le mercredi 26 mai, la sélection du challenger entrera dans sa première phase. Le premier round robin prévoit 21 courses sur trois jours, jusqu’au 28 mai. Le deuxième enchaînera dès le week-end des 29 et 30 mai, pour se terminer le 31 mai, avec 21 autres duels.
Une semaine de pause est annoncée du 1er au 8 juin, avant un troisième round robin programmé du 9 au 11 juin, là encore sur 21 matchs. Les trois meilleurs challengers accéderont directement aux demi-finales. Les trois autres passeront par un repêchage les 12 et 13 juin pour une dernière place.
Le dessin est net: une régate longue, dense, avec peu de fenêtres pour réparer, corriger un réglage ou reconstruire de la confiance après une série négative. Le classement ne dépendra pas d’un coup tactique isolé. Il récompensera la répétition: départ propre, bateau stable, vitesse exploitable et VMG maintenue course après course.
Sept victoires, puis le Match
Les demi-finales de la Coupe Louis Vuitton se tiendront du 16 au 20 juin, avec une journée de réserve le 21. Treize courses sont prévues; le premier équipage à sept victoires gagnera son billet pour la finale. Celle-ci doit débuter les 26 et 27 juin et peut se prolonger jusqu’au week-end des 3 et 4 juillet.
Le vainqueur disposera ensuite d’au moins cinq jours avant le Match de la Coupe de l’America, annoncé les 10 et 11 juillet face à Emirates Team New Zealand. Là encore, sept victoires seront nécessaires.
À 48 heures du premier départ en flotte, le signal à surveiller ne viendra pas d’un classement: il viendra de l’état des bateaux au retour au ponton. À Naples, la première bataille de 2027 commencera par la capacité à courir vite sans entamer le capital matériel.