
Selon Presse Agence Sport, le 1er novembre 2026, 3 542 milles de solitaire s'ouvriront depuis Saint-Malo pour la 13e Route du Rhum — avec Maxime Sorel au départ, à la barre de son IMOCA « Dragon des Océans » mis à l'eau en 2022. La flotte compte 22 inscrits à ce jour, dont sept à huit unités jugées en mesure de jouer la victoire sur le parcours transatlantique.
L'équation météo d'une fin d'automne atlantique
La Route du Rhum impose un tempo de sprint: boucler les 3 542 milles en une dizaine de jours exige une moyenne supérieure à 350 milles quotidiens. En fin d'automne, l'Atlantique se réorganise autour de dépressions successives qui balaient la trajectoire — chaque option de routage, chaque empannage sous front froid conditionne le classement final. La partition tactique se joue sur la cartographie: anticiper la trajectoire des centres dépressionnaires, accepter de se faire doubler par un concurrent mieux placé sous le vent, et préserver le capital physique pour la dernière semaine de course. Sur ce type de parcours, la VMG et la gestion du risque deviennent les deux variables décisives — celles qui séparent un top 5 d'un top 10.
La trajectoire d'un IMOCA dans la flotte
Sorel aborde cette édition avec un bateau qu'il connaît désormais intimement. Son « Dragon des Océans », mis à l'eau en 2022, lui avait permis de boucler l'édition précédente à la 5e place sur 37 skippers de la catégorie IMOCA — un résultat solide pour une première saison en 60 pieds. Le navigateur affiche un palmarès contrasté sur l'épreuve: victoire en Class40 dans la catégorie Vintage en 2014, abandon sur démâtage en 2018, top 5 en IMOCA en 2022. Quatre participations, deux classes, une progression linéaire vers le très haut de tableau. Ingénieur de formation, il transpose à la voile une grille d'analyse transversale: en 2023, il devient le premier homme à boucler le « double Everest » en gravissant le toit du monde après avoir terminé le Vendée Globe. En 2025, il enchaîne l'UTMB, la Pierra Menta en ski-alpinisme, le Marathon du Mont-Blanc et l'Étape du Tour en cyclisme — un socle physiologique et mental directement transposable aux longues heures en solitaire.
Projection à 48 heures: régler avant le premier front
À J-43 du départ, l'enjeu immédiat reste technique. Sorel doit finaliser les polaires de vitesse du « Dragon des Océans », valider le jeu de voiles pour les vents forts de novembre, et ingérer les fichiers météo d'entraînement qui circulent actuellement sur l'Atlantique nord. Les dépressions automnales en formation serviront de répétition grandeur nature — un avant-goût des systèmes que la flotte affrontera dès les premiers milles au large du cap Fréhel. Pour le navigateur, l'objectif tactique ne change pas: faire corps avec son bateau, prendre les bonnes décisions sous dépression, et aller chercher 100 % du potentiel du « dragon ».