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SailGP à Genève : les F50 à foils défient les caprices du Lac Léman

Le circuit SailGP revient ce week-end sur les rives du Léman pour sa onzième manche de la saison, et selon Le Figaro, on entre dans le « money time » du championnat.

SailGP à Genève : les F50 à foils défient les caprices du Lac Léman

Treize F50 à foils se bagarrent sur un lac, pas en océan, et ça rebat les cartes de tout ce qu'on sait du réglage en brise établie.

Le Léman, laboratoire du vent faible

Première chose à intégrer quand tu bascules du large au lac: la brise lémanique n'a rien d'une dépression atlantique. D'après Julien di Biase, directeur exécutif du circuit cité par Le Temps, les prévisions tablaient sur du plein soleil, 24 °C, et très peu de vent — pile le scénario qui met un équipage à l'épreuve. En dessous de dix nœuds, le vrillage de la grand-voile devient ton premier levier de vitesse, le pataras se tend pour stabiliser le bord d'attaque, et chaque chariot déplacé modifie l'équilibre de pousse. C'est sur ces réglages fins que la course se joue. Tom Slingsby, leader du championnat avec son équipe Bonds Flying Roos et plus de cent victoires en flotte à son palmarès, le reconnaît lui-même: il s'est forgé une image de « spécialiste du vent fort », mais Genève lui offre précisément ce qu'il cherche à améliorer — la maîtrise du médium. Avec une finale à Abou Dhabi annoncée en brise faible, l'étape genevoise devient un galop d'essai grandeur nature avant la grande finale.

La France joue serré

Septième au classement, la DS Automobiles SailGP Team France de Quentin Delapierre n'a plus de marge. La saison a été marquée par un violent accident en Nouvelle-Zélande, et le retour en forme passe par un record de vitesse à 107,63 km/h signé à Sassnitz le mois dernier en Allemagne. Sur le Léman, avec les forces de vent annoncées, ce chiffre ne tombera pas — et ce n'est pas plus mal, parce que la vraie bataille du week-end se joue en manœuvre et en lecture de thermique, pas au compteur. Le défi Léman, c'est aussi de trouver le vent là où il est: sur un lac étroit, les couloirs de brise se déplacent avec les ombres des rives, et le placement au près devient un exercice de placement pur.

Ce qu'on guette depuis le bord

Le chantier technique du week-end, d'abord, c'est de voir quel team sortira le premier près en sous dix nœuds. Les F50 décollent à peine dans ces conditions, et la différence se fait au calage du foil, à la tension d'écoute et à la gestion des transitions spi-grand-voile. On suivra aussi la logistique: faire entrer treize catamarans dans la rade de Genève relève du casse-tête, et Le Temps décrit une grue en guise de chausse-pied pour les sortir de l'eau. Si la brise ne rentre pas, les boards devront improviser des starts en mode survie — exactement comme sur un plan d'eau intérieur lors d'une inter-série de catamarans. Genève, c'est du grand cirque avec un fond d'air qui dicte tout.