
Baptisée L’Aventura, cette épreuve en double disputée en Figaro Bénéteau 3 compte pour le Championnat de France Élite de course au large. Pour les régatiers, l’intérêt est immédiat: le parcours abandonne le terrain habituel de la Manche-Atlantique pour ouvrir une séquence de 2 383 milles vers le Portugal, puis retour en Vendée.
Un parcours en deux manches, un vrai changement de terrain
Le départ est prévu à 16 heures. La première étape emmènera les duos de Port Bourgenay à Lagos, au Portugal, en passant par Madère, sur une distance de 1 600 milles. La seconde, longue de 783 milles, ramènera la flotte vers l’île d’Yeu.
Ce format impose une gestion différente d’une simple course côtière. Il faudra tenir la performance sur la durée, préserver le matériel et garder un bateau exploitable au moment où la flotte s’attaquera à la deuxième étape. En Figaro Bénéteau 3, la vitesse ne se gagne pas seulement sur un réglage de pataras ou un bon vrillage au près: elle se construit aussi dans la capacité du duo à enchaîner les manœuvres sans dégrader le potentiel du bateau.
L’Équipe présente vingt duos au départ. De son côté, ici.fr évoque un peu plus de quarante navigateurs inscrits, ce qui correspond à cette configuration en double. Parmi les concurrents cités figurent Alexis Thomas et Arno Biston, actuellement deuxième et troisième du classement du Championnat de France Élite 2026.
Une dernière manche qui peut peser lourd
L’Aventura est annoncée comme la quatrième et dernière épreuve du Championnat de France Élite de course au large cette année. Le résultat ne se jouera donc pas uniquement sur le départ vendéen: chaque décision de navigation, chaque choix de rythme et chaque perte de vitesse dans les transitions pourra compter jusqu’au retour vers l’île d’Yeu.
Le parcours constitue aussi la signature de cette nouvelle épreuve. Les organisateurs veulent sortir du cadre très marqué du circuit Figaro habituel, décrit comme fortement tourné vers la Manche et l’Atlantique Nord. En descendant vers le Portugal et Madère, la course propose un autre décor nautique et un espace plus large pour construire la stratégie.
Pour les équipages, cela signifie qu’il faudra éviter de plaquer les automatismes d’une manche classique. Le bon réglage ne sera pas forcément celui qui donne le meilleur résultat sur quelques milles: il devra rester lisible, reproductible et suffisamment confortable pour deux marins sur une longue séquence. Au large, une petite perte répétée à chaque manœuvre finit toujours par se transformer en écart au classement.
Ce qu’il faudra surveiller depuis le ponton
L’Aventura est parrainée par Benjamin et Marcel Junior Dutreux, dont l’entreprise Eole Performance est installée à Port Bourgenay. Son départ marque surtout l’arrivée d’un nouveau rendez-vous dans le calendrier du large français, avec une identité vendéenne assumée et un parcours qui emmène la flotte bien au-delà de ses repères habituels.
Avant de larguer les amarres, les équipages auront intérêt à verrouiller trois points très concrets: le fonctionnement du plan de pont en double, la répétabilité des réglages de voile sur les deux étapes et la capacité à conserver de la vitesse après les phases de repos. Sur ce type de parcours, le gain marginal ne vient pas d’un coup de génie isolé. Il se trouve dans chaque relance propre, chaque réduction anticipée et chaque manœuvre exécutée sans faire tomber le bateau sous son potentiel.